#uncategorized, Dylan Thomas

Nous, allongés sur le sable, nous voyons jaune
Et la mer grave et nous moquons des railleurs
Qui suivent de rouges rivières, alcôves
De mots creusées dans l’ombre des cigales,
Car dans cette jaune tombe de sable et d’océan
Un appel à la couleur appelle avec le vent
Grave et gai comme la tombe et la mer
Qui dorment au bout de nos mains.
Les silences lunaires, la marée silencieuse
Léchant Les canaux tranquilles, la sèche lune,
maîtresse
Des marées entre désert et trombe d’eau,
Soigneraient nos misères d’eau
Avec un calme monochrome ;
Du sable monte une musique divine
Avec la hâte des grains
Dissimulant les montagnes et les demeures d’or
De la plage grave et gaie.
Liés par un ruban souverain, nous, allongés
Nous contemplons ce jaune, espérant que le vent
Emporte les strates du rivage et noie le roc rouge ;
Mais les vœux sont stériles et nous, impuissants
À empêcher la venue d’un monde pierreux,
Nous contemplons ce jaune jusqu’à ce que le climat
Doré se brise, ô mon sang, comme cœur et colline.

# uncategorized, Paul Celan

L’automne me mange sa feuille dans la main : nous sommes amis.

Nous délivrons le temps de l’écale des noix et lui apprenons à marcher : le temps retourne dans l’écale.

Dans le miroir c’est dimanche, dans le rêve on est endormi, la bouche parle sans mentir

Mon œil descend vers le sexe de l’aimée : nous nous regardons, nous nous disons de l’obscur, nous nous aimons comme pavot et mémoire, nous dormons comme un vin dans les coquillages, comme la mer dans le rai de sang jailli de la lune.

Nous sommes là enlacés dans la fenêtre, ils nous regardent depuis la rue : il est temps que l’on sache !

Il est temps que la pierre se résolve enfin à fleurir, qu’à l’incessante absence de repos batte un cœur.

Il est temps que le temps advienne.

Il est temps.

Corona, 1948