# uncategorized

Avec difficulté, en avançant de quelques millimètres par année, je me fraie un chemin dans les rochers. Depuis des millénaires mes dents s’usent et mes ongles se cassent pour arriver là, de l’autre côté, dans la lumière et l’air libre. Et maintenant que mes mains saignent et que tremblent mes dents, mal assurées dans une cavité crevassée de soif et de poussière, je m’arrête pour contempler mon œuvre : j’ai passé la seconde partie de ma vie à casser des pierres, à perforer les murailles, à percer les portes et à écarter les obstacles que j’ai interposés entre la lumière et moi durant la première partie de ma vie.

Liberté sur parole, Travaux du poète, XIII

Octavio Paz

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s